Tuesday, May 15, 2012

À votre santé Monsieur le président!


« Vendangeons et vive la France ! Le

monde un jour, avec nous trinquera. »

(Béranger)

« La France est charmante comme elle est ».

(Ernest Renan)

Le dimanche 6 mai 2012, avec l’élection de M. François Hollande la France est devenue, il me semble, plus fraternelle. C’est charmant la France vitivinicole, avec un Président élu originaire de l’Auvergne jolie, du pays, le premier cru incontesté de tous les vins d’Auvergne le Chanturges, rendant hommage à notre prestigieuse boisson nationale. Enfin un Président de la République Française qui goûte et savoure le vin. Le monde se prépare à trinquer avec vous. La France, M. le Président est le fleuron de l’œnophilie, vertus ancestrales transmises par nos amis Grecs et Italiens, la Grèce l’Italie et la Gaule étaient des « ŒNOTRIA », terre du vin. D’ailleurs les trois pays furent désignés par l’appellation « Les Vineuses ». Avec l’expansion de l’Imperium Romana, se répandirent les connaissances de la viticulture en Gaule. La Grèce ancienne avait porté l’amour du vin à un point extrême, nous avons repris et développé cet amour avec sagesse. Les grecs se regroupaient pour pratiquer ce que les auteurs appelaient la « PHILOÏNIE » qui est devenue le mot moderne « ŒNOPHILIE ». « Sans vin, il n’y a pas d’amour » (Euripide). Ayant pendant 30 ans, fait le tour de la France bachique et son monde ancien combattant, je puis vous affirmer, M. le Président, que si l’on entonne parfois des chants patriotiques, bien plus nombreux sont les airs de danse et les chants de la vigne. Voici par exemple M. le Président comment l’image du vin de France, superbe produit destiné à la table, a pris en grande partie son envol sous mes humbles conférences itinérantes sur l’œnophilie, devenu rien qu’au Québec en 40 ans notre meilleur ambassadeur. Sous la double devise de « Rubis ou Topaze, même Délice même Extase » « Non Biberis Diluta » « Mirer ! Humer ! Goûter ! Extase ! », nos approches étaient nombreuses et pleines de charmes, dans la modération bien entendu . Par exemple, du journaliste Pierre Andrieu : « Tout être humain, homme ou femme, a dans son palais un œnophile qui sommeille. Il ne tient qu’à vous de le réveiller » : Nous diffusions la citation du célèbre professeur Georges Portmann « À dose raisonnable, le bon vin est toujours l’ami du corps et de l’âme ». Nous expliquions le vin selon le mot de Georges DUHAMEL : « L’alcool n’est pas tout le vin, il en est le squelette ». Nous abordions la longue citation du professeur Grassé : « l’Homme est bon quand il a bien mangé ; mais il l’est plus encore quand son repas a été arrosé des vins que requièrent les mets pour que, magiquement, s’exaltent la saveur des uns et le bouquet des autres ».

Le vin de France, M. le Président, va reprendre pour vous et par vous sa belle image, avec la très belle citation du docteur Tant : « Le vin est à la table, ce que la fleur est au jardin ». Vous êtes attachés a cette France profonde, unique pour sa gastronomie, grande gagnante mondialement avec le classement du repas gastronomique français par l’Unesco.

Le Champagne, M. le Président, est le vin de toutes les fêtes. C’est un des plus beaux fleurons de la couronne gastronomique de la France, et pour la première dame de France Mme Valérie Trierweiller, voici la citation toute en finesse de la Marquise de Pompadour : « Le Champagne est le seul vin qui garde une femme belle après boire ». Cet amour des Français pour le vin, M. le Président, vous en êtes le porte étendard. Le 15 mai 2012, lors de votre investiture avec le Grand Collier de la Légion d’Honneur du Président de la République, Grand Maître de l’Ordre, vous porterez aussi la dignité de Grand Œnophile de France.

Jean Claude Denogens

Fondateur et Grand Chancelier

de l’Ordre du Mérite Œnophile (1971)

Officier dans l’Ordre Mérite agricole Français (2004)

Tuesday, May 1, 2012

Le vignoble de Savoie et le « Sarto »


« Petit ou grand, un bon vin a la gueule de l’endroit où il est né,
et les tripes du bonhomme qui l’a fait. »
                                                                             Jacques Puisais

Le Sartot en Savoie désigne la petite maison située dans les vignes, alors pourquoi Sarto et non pas Sartot ? Parce que, providentiellement, le destin futur du Sarto se trouve inscrit dans son sigle. (Le Sarto, étymologiquement Sartot, est la petite maison des vignes où le vigneron « serre » tout ) accroché au flanc de la montagne, en plein vignoble. Pour ceux qui auraient perdu leur latin             « SABAUDIAE ANIMUS, ROBUR TERRARUM ORBIS » qui se traduit par « Souffle de Savoie, Force du Monde ». Le Sarto est la devise des Compagnons du Sarto de la « COMPAGNIE DU SARTO » Compagnie bachique dont le siège social est à Chambéry. Autour de cette devise, il y a un idéal : « Amitié, Convivialité, Solidarité. » C’est  au cépage de la délectable  Mondeuse, ce plan aussi capricieux qu’aristocrate, qui manquait parfois et dont les vignerons Savoyards s’étaient détournés, puis la solidarité finit par prendre l’allure d’un véritable meeting de protestation contre l’abandon du cru Savoyard le plus typique. En effet la Mondeuse, donne un excellent vin rouge très fruité, léger, aux senteurs de framboise. C’est donc le 27 Août 1955 que fut créée la Confrérie des Compagnons du Sarto Savoyard et c’est ce jour là que fut nommé Grand Cérémoniaire, le Grand homme qu’était Ernest LUGUET, poète et musicien, que l’on considère comme le père du Sarto.



Les Dignitaires sont revêtus du costume de Sarto inspiré de celui de l’ancien Sénat de Savoie : grande robe, camail en pointe, mortier avec armes de la Savoie brodées surmontées d’un plumet. Tastevin en sautoir. La Savoie est la plus jeune région rattachée à la France ( 1860 ) mais son vignoble est antérieur à la colonisation romaine, l’Histoire de sa vigne est riche et tourmentée, il s’en est fallu de peu qu’elle ne survive pas à la crise  phylloxérique de 1878. Aujourd’hui le vignoble savoyard ne fait pas exception dans le paysage viticole français. Il y a tellement de belles choses à découvrir derrière les fameuses montagnes de Savoie ! Au cœur des vallées viticoles savoyardes ! On a dit de la Savoie qu’elle était tout à la fois un conservatoire de cordons-bleus et un prodigieux garde-manger. Et rien n’est plus exact. Les torrents de Savoie fournissent des truites de tous calibres : le lac du Bourget, le précieux lavaret ; le lac Léman, le glorieux omble-chevalier, la féra, la carpe, le brochet, la lotte, l’anguille, les perchettes et les écrevisses. Le chasseur traque le chamois sur les cimes peu accessibles. Mais aussi le lièvre nourri d’herbes aromatiques et de baies savoureuses, les perdreaux, les cailles et les bécasses. En Savoie, le bétail de boucherie est de premier ordre, et les porcs y sont engraissés loyalement sans le moindre secours de ces abominables aliments de bétail qui donnent trop souvent à la viande un goût détestable. Les volailles savoyardes rivalisent avec celles de Bresse. Quand aux fromages et aux vins savoyards, ils font le régal des gourmands œnophiles. Pline l’ancien et Culumelle ont célébré les vins de l’Allobrogie qui étaient en honneur sur les tables d’Antoine et de Lucullus. Ayse, l’un des vignobles les plus réputés de la région, fut signalé par saint François de Sales comme la paroisse de « la mère de l’Église sur les vignes ». Tout a été prévus par le créateur. Chaque fromage a son vin et chaque met le sien, donc il ne peut que s’y dérouler de bonne épousailles. Les cépages principaux :
Pour les vins blancs : Jacquère, Altesse, Roussane, Chasselas, Gringet, Chardonnay, Velteliner. Pour les vins rouges : Mondeuse, Gamay, Persan, Pinot. Appellations principales : vins de savoie, abymes, apremont, roussette de savoie, crépy, seyssel. Climat : tempéré montagnard. Superficie plantée : 2170 hectares en (2006). 
Vins produits : vins blancs. Vins rouges et effervescents. Production : 121.000 hectolitres en 2010. La Jacquère est le cépage le plus répandu en Savoie, il occupe environ 50% du vignoble, suivi en rouge du Gamay 15% et la Mondeuse 12%. Ce sont des vins fort plaisants à boire avec un jambon des sommets ou une fondue au fromage de Beaufort ( gruyère savoyard ). 


Voici  un vin de Savoie digne d’une raclette et disponible au Québec. « IDYLLE CRUET BLANC CUVÉE VIEILLES VIGNES » code SAQ : 855171 prix 16,40 $. Ce blanc 100% cépage Jacquère, d’une robe jaune-vert, nez qui s’ouvre sur des arômes floraux d’agrumes et fruits mûrs. Charmant compagnon frais en apéritif, poissons grillées, une viande blanche  ou simplement sur une raclette. Découvrez ce blanc sec, léger et fruité des vignerons Philippe et François TIOLLIER  au village savoyard de Cruet – Savoie – France www.vin-savoie-idylle.fr . dans un cadre majestueux, face à la chaînes des Alpes. Au Québec il est représenté par Michel Dandurand  www.vinsdechateaux.com . Ainsi, la Compagnie de Sarto n’est pas une simple Confrérie vineuse, soucieuse de bonne propagande des vins du terroir c’est plus. Le vin, étant la plus noble production de la terre. Les méritants et courageux vignerons savoyards, savent mieux que quiconque ce que symbolise le vin, le subtil élixir de la terre qui peut faire de l’homme un dieu ou un poète… Vive les amicales Sartories en Savoie. : mvv@vindesavoie.net

Tuesday, April 10, 2012

Au doux pays de Maître François Rabelais



« Le vin réjouit le cœur de l’homme

Jamais homme noble ne hait le bon vin. »


Rabelais (1494-1553)


« Rabelais, le plus grand et sérieux des humanistes français ; Angevin de naissance, ce qui explique la suite ; auteur de Pantagruel et de Gargantua, poèmes en prose de gueule et de beuverie, sans lesquels les mots « vin et bouteille » ( toujours vide ) n’auraient pas été mis à autant de sauces épicées du meilleur esprit français issu de la fameuse et annuelle « purée septembrale » Œuvres à lire quand on veut avoir faim et soif ou quand on est en mélancolie devant, par exemple, des impôts à payer. » (Extrait du « Glossaire Vineux du Docteur Eylaud ).

Le plus illustre des Chinonais Maître Rabelais, a inspiré nombre de confréries vineuses rien qu’en Anjou et Touraine : « Confrérie des Chevaliers du Sacavin d’Anjou » « Confrérie des Fins Gousiers d’Anjou » » Commanderie du Taste-Saumur » « Les Entonneurs Rabelaisiens Confrérie bachique de Chinon » « Confrérie des Fripe- Douzils D’ingrandes de Touraine » « Confrérie des Chevaliers des Cuers du Baril » « Confrérie des Chevaliers de la Chantepleure » « Coterie des Closiers de Montlouis » » Commanderie des Grands vins d’Amboise » « Confrérie des Compagnons de Grandgousier ». Qui n’a pas déjà entendu le fameux serment de Maître François Rabelais : « Quand mon verre sera plein, je le videray Et quand il sera vide, je le pleindray … ». À nos dévots œnophiles dispersés sur la toile planétaire je le rappelle, c’est dans ces attachantes confréries de la convivialité qu’il faut aller entendre le rire très fort de Maître Rabelais. On trouve en Anjou et Touraine sous le portrait du Maître François Rabelais, des fins palais et des amis du vin qui savent en toute chose « raison garder »

(Photo archive de l'auteur)

La Devinière, maison des champs du XVe siècle, est le lieu de naissance de François Rabelais. Elle est située à Seuilly, au cœur du vignoble du Chinonais, elle abrite un musée littéraire qui lui est consacré.

Ce qui ne manquera jamais de surprendre le lecteur de l’œuvre de Rabelais, c’est son style et sa langue. Tout y est mêlé, les expressions les plus populaires. Ce génie fabrique des mots tirés du latin et du grec. Il nous offre des scènes drôlatiqes, d’une richesse unique dans l’histoire de l’humanité. À force de référence des chansons et de littérature bachique au vocabulaire et à l’univers de Rabelais, le nom de cet écrivain suffit à évoquer la bonne chère. Les récits rabelaisiens sont des œuvres de maturité. D’abord moine

pendant vingt ans, Rabelais reprit l’étude du grec, de la médecine et de l’anatomie. Le curé de Meudon y révèle une solide conaissance des pratiques de table de son temps. Exemple : « l’appétit vient en mangeant ; la soif s’en va en buvant ». L’humour et la dérision autorisant tous les débordements. C’est ainsi que l’ingestion, la digestion et l’excrétion de nourriture en abondance, chez Rabelais médecin visitant ses patients : on trouve l’unique la, drôlatique et colorée expression « Qui bien mange, bien pète » ou « Qui bien pète, bien mange ». Rabelais médecin a laissé à Montpellier une véritable tradition : pas un médecin ne quitte la Faculté de médecine sans avoir prêté serment sous la « roble de Rabelais » Le jardin des plantes de Montpellier a immortalisé, sa statue. Mais mieux encore que les victuailles solides, c’est le vin qui se manifeste chez cet érudit Angevin. Est-il un nom et un lieu plus doux et plus évocateur ? La vocation céleste de ce morceau de Loire, aux ciels pastels, bleu bien tendre, Anjou affirmé dans ses vins légers, doux ou secs, toujours dépourvus d’acidité, « qui donnent du talent et valent, dit-on, une muse ». L’Anjou possède des vins « gouleyants » Rabelais les a chantés en ces termes :

« il n’est pas breuvage meilleur pour être en sang transformé, vous espanouir le cerveau, esbaudir les esprits amicaux, ouvrir l’appestit, resjouir le palais et mille autres rares advantaiges. » Au chapitre de l’oracle de la bouteille, Rabelais parle d’un « bien long ordre de flacons, bourraches, fioles, ferrières, barils, barreauls, homides, pots, pintes cymaises antiques pendant d’une treille ombrageuse », comme récipients pour boire du vin.

« L’odeur du vin , O combien est plus friant, riant priant, plus céleste, plus délicieuse que d’huile » L’œuvre de Rabelais, écrite sous le signe du vin, est à la fois philosophique et bachique.

Voilà comment sous le doux ciel bleu Angevin et Tourangeau en plein jardin de France où plane l’ombre de Maître François Rabelais, on cultive le plaisir de vivre pantagruelliquement avec art et manière. La cérémonie d’intronisation en bon françois du XVIe siècle ne manque ni de saveur ni de pittoresque. L’ambiance « toute de gayeté et bonne joyeuseté » est due au cadre, aux costumes et surtout au « chinonant breuvage ». Le Grand Maître rappelle à tous œnophile digne de ce nom, que justement « il n’est pas seulement question, quand il est question de vin, de boire beaucoup ni même de boire, mais de discerner entre ce qui se boit et ce qui ce déguste, ce qui s’avale et ce qui se goûte, ce qui est agréable et ce qui est délectable ». On y entend aussi en leurs caves troglodytiques. « Science ( gourmande ) sans conscience n’est que ruine de l’âme » « Nos rois l’on aimé. » « Les bons Chevaliers garderont santé par ce vin de taffetas qui chasse humeurs sales et lancinantes tout à l’aise du corps et au profit des reins, et enlève gravelle et aultres maladies de vessie…» « En gosier sec, jamais joie n’habite » « Beuvez toujours, vous ne mourrez jamais ». Les candidats qui prêtent serment dans la Confrérie des « Entonneurs Rabelaisiens Confrérie Bachique de Chinon » recoivent le Cordon Rouge et Or, auquel pend l’insigne de la Confrérie, une très belle médaille frappée à l’effigie du plus illustre des Chinonais.

La Dive Bouteille, de Rabelais

O Bouteille,

Pleine toute

De mystère,

D’une oreille

Je t’écoute :

Ne diffère,

Et le mot profère

Auquel pend mon cœur

En la tant divine liqueur,

Qui est dedans tes flancs reclose,

Bacchus, qui fut d’Inde vainqueur,

Tient toute vérité enclose.

Vin tant divin, loin de toi est forclose

Toute mensonge et toute tromperie.

En joie soit l’aire de Noach close,

Lequel de toi nous fit la tempérie.

Sonne le beau mot, je t’en prie,

Qui me doit ôter de misère.

Ainsi ne se perde une goutte

De toi, soit blanche ou soit vermeille.

Tuesday, April 3, 2012

Le messie du bien-boire et bien-manger

(Photo archive de l'auteur )

« Prétendre qu’il ne faut pas changer de vin est une hérésie ;

la langue se sature, et après le troisième verre, le meilleur

vin n’éveille plus qu’une sensation obtuse ».

BRILLAT – SAVARIN

La patrie du messie du bien - boire et du mieux - manger, nous amène bien sûr dans la commune de Belley ; ou il y a ces courts vignobles du pays de l’Ain, qui s’étendent, par la Bresse, de la vallée de la Saône aux Lacs savoyards, mais dont les vendanges se limitent au pays de Gex. Ce n’est peut-être pas un hasard si Jean Anthelme Brillat – Savarin, célèbre gastronome, auteur de Physiologie du goût, est né dans l’Ain, à Belley. « Le département de l’Ain offre une diversité exceptionnelle de spécialités, au premier rang desquelles figurent ses quatre appellations d’origine contrôlée : la volaille de Bresse, le bleu de Gex, le comté et les vins du Bugey ».

C’est à Belley que Jean Anthelme Brillat – Savarin est né le 2 avril 1755. Il étudie le droit, la chimie et la médecine à Dijon et s’installe ensuite dans sa ville natale pour pratiquer le droit. Belley est une commune française, situé dans le département de l’Ain et la région Rhône – Alpes. Les habitants de Belley s’appellent les Belleysans et les Belleysanes. Belley doit une renommée à son fils illustre, et les touristes s’y rendent volontiers, durant l’été, d’Aix et Chambéry. Brillat – Savarin y possède sa statue. Le 2e vendredi d’octobre, un hommage et une journée met à l’honneur les produits du terroir de la patrie du célèbre auteur de la Physiologie du goût. Il fut maire de Belley, mais Girondin durant la Révolution, il doit fuir devant les Montagnards dominants. Durant son exil, il passe en Suisse, de là, il part pour les Pays-Bas, puis les États – Unis nouvellement créés, pendant trois ans ; il y gagne sa vie en donnant des leçons de français, et en jouant du violon. Il est à une époque premier violon au Park Theater de New York.

A l’issue de la révolution, le vignoble appartenant à des propriétaires fortunés, se développe autour de Belley. C’est à cette époque que Brillat Savarin, originaire du Bugey et exploitant son vignoble « Le Côte-Grêle » à Vieu, fait l’apologie des vins locaux. Visiter ses vignes est donc un pèlerinage et pour tout œnophile – gourmand on partira de Lyon, capitale de toutes les gastronomies, pour retrouver, sur la route de Genève, Ambérieu - en –Bugey. A l’image du célèbre gastronome Brillat – Savarin, enfant du pays, les bugistes aiment en effet rendre hommage aux plaisirs de la table. Dans l’Ain, au pays de Brillat – Savarin et du bon vin il y a la volaille de Bresse ( poulet, poularde, chapon ou dinde ) qui a séduit le roi Henri IV et Brillat – Savarin la considérait comme « la reine de la volaille des rois ». Elle est le firmament du bien – manger. Au Pays du vénéré gastronome, les appellations Gamay, Mondeuse ou Chardonnay accompagnent magnifiquement les spécialités bugistes : diots, pâtés chauds, tome de Belley, ramequin ou salés aux noix. Le 28 mai 2009 les vins du Bugey ont obtenu la reconnaissance de deux Appellations d’Origine Contrôlée : l’AOC Bugey et l’AOC Roussette du Bugey.

« Sans la participation de l’odorat, il n’y a point de dégustation complète. »

(de Anthelme Brillat – Savarin

Extrait du Physiologie du goût )

Wednesday, March 28, 2012

Au pays de Cyrano de Bergerac

Je rappelle à tous nos amis du vin, la devise de la rédaction de notre «Gazette des Œnophiles De Vigne en Bouche » «En France, où il y a à boire, il y a à voir».Bergerac (Brageirac en occitan) est une commune française situé dans le département de la Dordogne et la région Aquitaine. Le nom même de Périgord sonne comme un coup de clairon vainqueur et convient parfaitement à un pays qui possède plus de mille châteaux, des grottes préhistoriques célèbres, et surtout celles de Lascaux, qui, selon Pierre Gaxotte, est «… un des lieux saints de l’humanité, une des grandes capitales de l’art, au même titre que Ninive, Athènes et Rome pour des civilisations plus récentes et plus complètes ». Et il est incontestable que les plaisirs de la table ont toujours été fort appréciés en Périgord. Au pays de Cyrano, il y a la trilogie Périgordine : truffes-cèpes-foie gras, aussi des vins. Les amateurs de vins liquoreux apprécient le Monbazillac, « MONBAZILLAC, ce nectar dont tout verre enfante un Cyrano de Bergerac » (Armand Got), certains Montravels, il en existe aussi de secs et le rosette. Les autres préféreront les vins blancs et rouges de Bergerac, ou le vin rouge de Pécharmant. Le grand seigneur le Monbazillac, dont l’encépagement est le Sémillon, le Sauvignon et le Muscadelle est qualifié de liqueur d’or du Périgord. C’est le Monbazillac qui a fait cette race bergeracoise de si belle humeur gasconne, gaie, enjouée, généreuse. Elle s’incarne dans Montaigne, qui a décrété que « le vin était un dieu dont il ne faut pas restreindre les faveurs », car il donne aux hommes la gaieté et la jeunesse aux vieillards ! « Le vin est capable de fournir à l’âme de la tempérance : au corps de la santé ». Au pays de Cyrano de Bergerac il y a aussi l’une des plus anciennes confréries vineuses de France, « Le Consulat de la Vinée de Bergerac » dont l’histoire remonte à 1254. Fondation : 1954, pour le septième centenaire des franchises données à la ville par Henri III, roi d’Angleterre. Les Consuls de la Vinée en robes écarlates, à camail d’or défendent les vins de la région de Bergerac : Montravel, Saussignac, Pécharmant, Monbazillac. Il y a aussi le pays de Montaigne et Gurson, c’est ma région de naissance.

Mais Cyrano était-il ou non de Bergerac… sinon par la naissance du moins par ses origines ?

Rostand-Cyrano… de Bergerac. Toute une mythologie fleurit aux enseignes des boutiques bergeracoises ; Cyrano, Roxane, Cadet… et notre ami Jean Dalba a eu raison de souhaiter l’érection de la silhouette de Cyrano dans cette ville d’où, s’il n’en était point natif ni originaire, il a voulu être et où il a été adopté. Cette belle statue contemplant « la verte douceur des soirs sur la Dordogne ». Il n’est de Cyrano… que de Bergerac.

Tirades de … Pifs ( Nasardes )

« Enorme mon nez !

Vil camus, sot camard, tête plate,

Apprenez que je m’enorgueillis d’un pareil appendice. »

(Edmond Rostand)

QUAND ON RIT DE MON NEZ.

JE NE ME FACHE PAS.

JE TIENS QUE LES GRANDS NEZ.

NE SONT PAS SANS APPAS.

ET JAMAIS UN GRAND NEZ.

N’ENLAIDIT UN VISAGE.

(Payot de Linières)

Mon nez, fit le poète en cachant une larme,

Si grotesque à Paris, en Dordogne a du charme

C’est pour sentir la truffe et le monbazillac.

Lucien BOYER « Paysages de France »

A CYRANO DE BERGERAC

Ah ! la verte douceur des soirs sur la Dordogne !

Vous l’évoquez exquisément Ô Cyrano

De Bergerac, avec cet accent de Gascogne

Dont vous et vos cadets font retentir l’écho.

Mousquetaire charmeur, « pif » et flamberge au vent,

Plein d’audace et l’esprit crépitant d’étincelles,

Bergerac reconnaît en vous son fils vaillant,

Que Rostand couronna de rimes immortelles.

Cher bretteur sans vergogne, ardent pêcheur de lune,

Dont le cœur généreux pour Roxane battit,

Et qui mourut un soir, sans avoir la fortune

De cueillir tendrement cet amour inouï.

Cité de Bergerac, garde dans ta mémoire

Les vers prestigieux, truculents et dorés

Du lyrique vibrant qui te laura de gloire,

Et te promut au rang des beaux lieux inspirés.

(Georgette REYNIER)

Ainsi était Cyrano, personnage peu banal, que le beau génie d’Edmond Rostand, tout en l’idéalisant, a justement si bien servi d’une façon assez proche de la réalité historique. Le succès de Cyrano de Bergerac fut considérable, en France comme à l’étranger. Il est devenu, dans la littérature française, un archétype humain au même titre qu’Hamlet ou Don Quichotte. Deux statues du personnage fiction ont été érigées sur des places de Bergerac, en Dordogne.

Statue de Cyrano de Bergerac par Mauro Corda (2005). Place Pélissière à Bergerac (Dordogne).

www.vins-bergerac.fr

www.bergerac-tourisme.com

Tuesday, March 20, 2012

Le vin gris de Toul et la capucine

Depuis la nuit des temps, le vin a toujours été la boisson préférée des Lorrains. La Lorraine, qui a formé les départements de la Moselle, de la Meurthe-et-Moselle, de la Meuse et des Vosges a aussi ses vins. Il faut goûter, en Meurthe-et-Moselle le Vin Gris de Toul. A l’époque gallo-romaine, la culture de la vigne occupait une place importante dans la région et était réputée, puisque le poète Ausone, préfet des Gaules, a chanté dans plusieurs poèmes le charme du vignoble Lorrain.

Mais ce sont finalement les moines qui, au XVIIe siècle, jouèrent un rôle déterminant dans l’évolution de la culture viticole en Lorraine. Bien que soumis à un jeûne très strict, ils eurent toujours la permission de boire du vin et il est fort probable qu’ils fabriquèrent, les premiers, cette fameuse bouteille en bois appelée précisément la capucine. La Capucine est l’emblème de la « Confrérie des Compagnons de la Capucine » de Toul qui a été créée le samedi 28 avril 1962 et qui vient de célébrer son 50eme anniversaire. Cette bouteille en bois cerclée de cuivre, est façonnée comme un tonnelet. Elle a été créée par des moines capucins au VIème siècle. Les vignerons l’utilisaient jadis quotidiennement pour emporter le vin qui les désaltérait au cours des différents travaux de la vigne. Sous l’influence combinée des Evêques de Toul et des Ducs de Lorraine dont le plus connu, Stanislas Leszczynski, le vignoble du Toulois se développe énormément. Il est servi sur toute les tables d’Europe et participe au rayonnement de la Lorraine qui vient alors de rejoindre le Royaume de France. Les évêques se chargent de la production des vins soit dans les villages des Côtes soit directement dans les caves du palais épiscopal de la ville de Toul. Avec la crise du Phylloxéra, l’arrivé des vins du sud par le rail et le développement de l’industrie sidérurgique en Lorraine, le déclin du vignoble lorrain s’amorce. En 1951, une poigné de vignerons sauve le vignoble des Côtes-de-Toul en accédant au label VDQS. Depuis 1951, un travail important de replantation a été entrepris. Il a été suivi depuis le milieu des années 80, d’une réflexion sur la qualité des vins qui a mené, en 1998 à la classification du vignoble en AOC. Toul, population de 15 939 habitants. Toul est située sur la Moselle, à l’ouest de Nancy, dans une cuvette formée à l’ouest par les côtes de Meuse, également appelées côtes de Toul, dénomination géographique attribuée aux fameux vin de Toul.

Côtes-de-Toul (AOC)

Le Côtes-de-Toul est un vin français d’appellation d’origine contrôlée produit au sud de la vallée de la Moselle. Classé comme AOC depuis 1998, son principal vin est le Gris-de-Toul. Il est produit sur les côtes exposées sud-sud-est proches de la ville de Toul, situées à l’ouest de Nancy, en Meurthe-et-moselle. Le vin gris est issu du cépage Gamay.Il est obtenu par pressurage et sa couleur est rosé pâle. Il développe des saveurs florales et son bouquet diffuse un parfum raffiné. Le vignoble Toulois a une superficie de 100 hectares répartis sur 8 villages. Ce vin gris existait déjà en l’an 800 sous Charlemagne. Il est décliné en blancs, gris et rouges, cépage pinot noir.

Les Compagnons de la Capucine se reconnaissent à leur longue cape rouge cramoisi bordée d’un galon d’or et à la « Capucine » qu’ils portent en sautoir. « Une confrérie, c’est une façon de promouvoir nos produits à travers un peu de convivialité », raconte Marcel Laroppe, grand maître de la confrérie. « Nous sommes bien d’accord ». Sur le plan gastronomique, le gris de Toul est considéré comme le vin s’associant le mieux aux plats lorrains typiques que constituent la quiche lorraine, la potée lorraine, la tourte, le pâté lorrain ou une salade de pissenlits aux lardons. Qu’il vienne au Québec ce fameux vin gris de Toul et nous lui trouverons des épousailles harmonieuses et heureuses de plats Québécois !

Wednesday, March 14, 2012

Premier Rosé de France

Le rosé de Tavel est donc un vin, c’est le miracle du terroir, c’est une évidence reconnue. Certes bien des rosés ne méritent pas l’attention de l’œnophile qui souvent les traite par dessus la jambe…, le rosé n’est pas un vin sérieux, disent-ils, mais tout juste un vin gouleyant de vacances ! J’ai déjà entendu dire à la blague par des vignerons joyeux que le rosé n’était ni un vin blanc ni un vin rouge ; mais un vin « Bâtard » qui a mal accouché !

Le Premier Rosé de France, le Rosé de Tavel est, de toute façon, autre chose : « il est aux rosés ce que le champagne est aux mousseux ». Nous aurions pu, avec un égal bonheur, citer à la barre des lettres, en l’honneur du tavel, Ronsard, Balzac ou Brillat-Savarin. Ce tavel, dont Philippe le Bel disait déjà « Il n’est bon vin que de Tavel ».Tout d’abord, il n’est pas le vin d’un s

eul cépage, mais de l’assemblage obligatoire de plusieurs, ce qui lui donne un équilibre qu’il n’aurait pas autrement. Il n’y a pas UN rosé de Tavel, mais des rosés, car la proportion de tel cépage et de tel autre apporte une légère différence de structure et de finesse. Neuf cépages se partagent l’honneur de participer à l’élaboration du meilleur rosé de France, ce sont :

Le Grenache ( qui domine ), la Clairette, le Picpoul, le Cinsault (15% minimum obligatoire ), le Calitor, la Syrah, le Mourvèdre, le Carignan, le Bourboulenc.

960 hectares soit 34 caves particulières et une coopérative sont consacrés à la production A.O.C.

Le village de Tavel, est une commune entourée de vignobles situé à 15kms d’Avignon, 15 kms du Pont du Gard et 40 kms de Nimes. Ce charmant village méridional de 1668 habitants, situé au cœur de la Vallée du Rhône, dans le département du Gard, est associé a un vin de renom, le rosé appelé « 1er rosé de France » qui a obtenu son A.O.C. tavel, en 1936. La pierre a été une seconde richesse du village de Tavel qui comprend de nombreuses marbreries. Le village a fournit les pierres qui forment le socle de la célèbre statue de la Liberté à New York.

Sur un sol aride, balayé par le mistral, éclosent les rosés de Tavel qui enferment tout le soleil du Midi. Capiteux et frais ils développent une saveur poivrée et un parfum de fraise des bois ou d’iris. Ils vieillissent bien quelques années, leur belle robe rose dorée virant au topaze. Il faut les apprécier sur la cuisine provençale, odorante ou la cuisine aux accents prononcés. Ce « Roi des rosés, rosés des rois » , le Tavel est reconnu et dégusté dans le monde entier. Ses qualités gustatives font qu’il est apprécié été comme hiver et qu’il est capable d’accommoder tout type de menus.





Nous avons goûté le « TAVEL DOMAINE DU VIEIL AVEN », collection LOUIS ROCHE qui est représenté au Québec par VIN CONSEIL ( www.vinconseil.com ). Code SAQ : 640193, prix : 19,95 $. Le voilà ce séduisant Tavel racé, 1er Rosé de France, dans sa belle robe brillante couleur rose saumonée dorée. Ce rosé nous offre des arômes, le fruit, la fraîcheur et l’acidité nécessaires, en bouche, corsé, minérale avec une bonne structure., finale épicée et persistante. Il peut vieillir de 3 à 5 ans, il doit avant tout se boire jeune pour profiter de son fruit. Il est le compagnon idéal des charcuteries, les mets épicés, asiatiques, les viandes blanches et les fromages de chèvre secs. Mais surtout il fait le bonheur toute l’année de nos festivités et bons repas familiers.